La sélection du n°81

La Terreur et les honneurs - La France des réseaux - L'apprenti perdu
 

Essai

La Terreur et les honneurs

Jean-Nicolas Bouilly, artiste et franc-maçon
De François Cavaignac et Jean-Philippe Marcovici 
Éditions Cépaduès
262 pages – 22 €

Il n’est pas donné à tout le monde de traverser cinq régimes politiques et d’en sortir indemne. On qualifierait Jean-Nicolas Bouilly d’opportuniste qu’on n’aurait pas tout à fait tort. Jeunesse sous la monarchie absolue, engagé pour la Révolution française, traversant l’Empire sans encombre, en cour sous la Restauration, achevant sa vie sous la Monarchie de Juillet entouré d’honneurs… Auteur de comédies, de vaudevilles, d’opéras, mais aussi de nombreux contes pour la jeunesse, Jean-Nicolas Bouilly est un personnage aux multiples facettes qui ne résiste pas à une description réductrice. C’est avec d’autant plus de plaisir et d’intérêt qu’on se plongera dans la biographie que lui consacrent François Cavaignac et Jean-Philippe Marcovici. Initié à la franc-maçonnerie durant sa jeunesse, c’est après l’Empire qu’il connaitra une progression dans la hiérarchie de l’ordre pour en tutoyer les sommets. Cet aspect de sa vie est ici particulièrement et rigoureusement développé, qui nous permet de nous plonger — aussi — dans l’histoire captivante de la maçonnerie des débuts du XIXe siècle. Philippe Foussier

Essai
La France des réseaux
De Michel Dansel
Éditions Christine Bonneton
270 pages – 16,90 €
Pour beaucoup, la simple évocation du mot « réseau » sonne faux, tant le terme véhicule d’a priori négatifs… Repaire d’affairistes, de magna de la politique, d’arrivistes de tout poil ou de complotistes… Une vision peu flatteuse, mais surtout réductrice. Comme le souligne Michel Dansel « si la France abrite de nombreux réseaux, ce sont les réseaux qui font la France. » Confréries gastronomiques et œnologiques, clubs sportifs, réseaux caritatifs, littéraires, artistiques… Ce sont plusieurs millions de personnes qui liées par une même famille d’esprit ou des activités communes sont regroupées en réseau. Et parmi eux, la franc-maçonnerie tient une place de choix. Michel Dansel, dans un style vitriolé à souhait, et non sans humour apporte un regard sans concession sur ce réseau d’influence qu’il voit à la fois comme le plus démocratisé et en même temps comme le plus décrié par une large fraction de la population. Mais que le lecteur se rassure : point d’attaques gratuites et sans fondement ici, mais plutôt une analyse de ce qu’est la franc-maçonnerie aujourd’hui dans ses forces et ses faiblesses. Un ouvrage clair et revigorant si l’on considère que la franc-maçonnerie, si elle ne veut pas se fossiliser ni rompre avec ses idéaux doit aussi affronter une certaine réalité.

Science-fiction
L’apprenti perdu
De Hervé H. Lecoq
Éditions ECE-D
322 pages – 25 €
Hervé H. Lecoq signe un premier roman qui nous interroge sur les notions de liberté et de soumission, sur l’éthique et la technologie. L’action se déroule au XXIIe siècle. « Les synthétiques », machines créées par l’Homme pour le délester des tâches ingrates ont pris le contrôle de leur maître, placé dès lors sous leur joug. Des poches de résistance s’organisent avec pour objectif de redonner la liberté à l’humanité. Vision apocalyptique ? À bien y réfléchir, pas vraiment. Et c’est toute la force de ce roman d’anticipation. Les fulgurants progrès réalisés en quelques décennies dans le domaine de la science et la tentation non dissimulée pour certains d’utiliser la technologie comme instrument de pouvoir doivent nous alerter sur le devenir de notre humanité. Un roman à l’intrigue bien ficelée, aux personnages bien campés et au rythme soutenu. De quoi voyager dans un autre monde, pour le meilleur et pour le pire.

 

 

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